Pandemic Chronicles & The Painted Desert Project

Il est des trajectoires toutes tracées et d’autres plus sinueuses. Celle de Chip Thomas appartient à la 2e catégorie. Fils d’un médecin afro-américain, Chip Thomas poursuit naturellement des études de médecine au Meharry Medical College de Nashville, université fondée en 1876, connue pour être la première dans les États du Sud a accueillir des étudiants en médecine noirs. Il passe ses étés au Liberia intervenant auprès de populations affaiblies par le manque d’infrastructures de santé et l’instabilité politique. Après l’obtention de son diplôme, Thomas souhaite continuer à travailler auprès de populations particulièrement défavorisées. Il se rend compte que trois options s’offrent à lui aux États-Unis : rejoindre un hôpital pour vétérans, un centre de soin pénitentiaire ou une structure de santé située dans une des réserves indiennes du pays. Nous sommes en 1987, il signe un contrat de 4 ans et s’envole pour la réserve navajo.

Janvier 2021, en pleine pandémie du coronavirus : Chip Thomas et un collectif d’artistes au nombre desquels on compte la poétesse navajo Esther Belin, publient l’ouvrage Pandemic Chronicles, récit en images et mots, de la manière dont les Navajos font face au Covid et à la gestion sanitaire désastreuse de Donald Trump.

Cela fait plus de 30 ans que Chip Thomas vit dans la réserve, il a soigné des personnes âgées, des elders, il a accouché de jeunes mamans, il a prescrit des médicaments à des gamins enrhumés… tout le monde le connaît et l’apprécie. Son fils, à la fois Afro-Américain et Navajo, est l’une de ses plus grandes joies, tout comme sa pratique artistique qui lui a valu une renommée au-delà des frontières de la Nation Navajo. En 2020, il fut l’un des artistes sélectionnés par l’ONU pour célébrer la création de l’Organisation des Nations Unies.

Depuis 2012, à travers le Painted Desert Project, Chip Thomas est désormais connu sous le nom de Jetsonorama. Accompagné de nombreux artistes invités ou de jeunes créatifs navajos, il réalise des fresques murales ou photographie les paysages et les habitants de la réserve avant de coller d’immenses reproductions sur les murs nus de divers édifices éparpillés dans la réserve.

Maison à Bitter Springs (collaboration avec Yote), octobre 2009, © Chip Thomas

En décembre 2020, Chip Thomas fut invité à Phoenix (Arizona) par le Heard Museum, l’un des musées d’art amérindien les plus prestigieux des États-Unis, à installer une œuvre tirée des Pandemic Chronicles, réalisée conjointement avec Esther Belin qui imagine l’après pandémie dans son poème Believe.

Believe via Chip Thomas AKA Jetsonorama from Brooklyn StreetArt on Vimeo.

Believe, copyright Chip Thomas.

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